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Présidentielles 2022 : l’alternance populaire (le blog de Giordano Eturo et de Major Tom)

La République des pleutres

23 Juin 2020, 21:33pm

Publié par Giordano Eturo

Pas un jour ne passe sans une nouvelle offense à Marianne. Pas un jour sans le franchissement d’une nouvelle étape vers la démission et l’humiliation de nos institutions Républicaines. Or, pensons-nous, si le pouvoir régalien est à ce point ouvertement vilipendé, sans doute est-ce parce qu’il n’a jamais été aussi faible et non, comme le prétendent les spécialistes en agitation publique, parce qu’il serait oppressif, raciste et autre accusation sympathique du même acabit. Ainsi a-t-on découvert récemment, ahuris, les images de ces affrontements entre Tchétchènes et Maghrébins, à Dijon, dans le quartier des Grésilles. Pendant 72h, ce quartier fut le théâtre de graves violences. La durée de ces violences - trois jours - suffit à montrer l’impuissance de l’Etat. Le Préfet - dont une partie des habitants a réclamé la démission, ce qui peut se comprendre - a vite prétendu (sans rire) que la police avait développé une « stratégie d’encerclement », là où elle aurait dû évidemment intervenir et réprimer, assurant ainsi la prééminence de la loi républicaine sur les affrontements tribaux et leurs instincts grégaires. La mission de M. le Préfet, qui semble l’avoir oubliée un peu vite, n’est pas seulement « d’encercler les voyous », mais d’assurer l’autorité de la loi et l’ordre républicain, fût-ce au prix du recours rapide à la force avec toutes les conséquences que cela peut entraîner pour ceux qui se rendent coupables d’un grave trouble à l’ordre public. Depuis, évidemment, le pouvoir montre les muscles à grand renfort de caméras. Après le feu, le contre-feux et sa théâtralisation médiatique massive... On ne connaît que trop désormais cette pathétique succession de séquences qui témoignent de l’impuissance (volontaire) de notre État républicain.

C’est, hélas, devenu une mauvaise et constante habitude - depuis le Ministre de l’Intérieur (l’inénarrable Christophe Castaner) qui place « l’émotion » au-dessus de la loi, jusqu’au Préfet de la Côte d’Or qui prétend « protéger » sans rétablir l’ordre avec toute la poigne requise quand le légal Républicain fait face au tribal déchainé - c’est devenu une habitude, donc, de considérer la République comme une vaste blague. On peut l’offenser, la piétiner, l’insulter, les conséquences pour les fauteurs de trouble sont à ce point dérisoires qu’il serait vain d’espérer que qui que ce soit respecte cette République qui ne se prend jamais au sérieux. Des sans-papiers manifestent au cœur de Paris en plein confinement ? Un pouvoir républicain qui se respecte en aurait profité pour les renvoyer chez eux, puisqu’ils sont en France par effraction et ne respectent pas nos lois. Des manifestations Illégales ont lieu à l’initiative de militants agressifs soi-disant antiracistes autour d’une famille de délinquants sans scrupule ? Pas grave, le pouvoir laisse faire, comme il laisse faire, dans un autre registre, pour les rassemblements Illégaux de la Fête de la Musique (ce même pouvoir qui fait annuler le traditionnel 14 juillet et l’honneur rendu aux armées). On connaît la chanson, devenue la nouvelle devise de cette République en toc : chacun fait fait fait ce qu’il lui plait plait plait... Enfin, surtout s’il peut s’apparenter aux causes « légitimes » du camp progressiste.

Ce pouvoir avait déjà déshonoré la République quand le pays fut frappé de plein fouet par les attentats islamistes. On ne répètera jamais assez combien, dans notre pays des années 2010, les vrais actes fanatiques, anti-républicains, criminels, relevant de la plus haute inhumanité, ont été commis par des Musulmans d’origine arabe (souvent Français), et non par des « racistes » blancs catho-zombies (pour reprendre la terminologie de ceux qui pensent que les descendants du peuple d’origine sont d’éternels grincheux fascistoïdes). Si tous les Musulmans ne sont pas des fanatiques assoiffés de meurtres au nom de leur Dieu tout puissant et si on y trouve de vrais patriotes - c’est une évidence - on cherche encore (et j’espère qu’on cherchera longtemps encore) les attentats sanglants et répétés de la France blanche fascistoïde contre les étrangers ou les Français d’origine étrangère. Une question en passant, quand même : que peuvent bien peser les discriminations dont les médias de masse font leurs choux gras pour culpabiliser toute une population, face à ces odieux attentats qui ont fait - et continuent de faire, hélas - tant de victimes de toutes nationalités et de toutes confessions ? Pas bien lourd, de toute évidence. Un État qui se respecte, qui se prend au sérieux, s’emploierait à conjurer le péril islamiste plutôt qu’à vouloir démontrer toujours plus la culpabilité viscérale et ontologique de sa population et à inventer par voie de conséquence quelque nouveau gadget pour « lutter contre le racisme et les discriminations » (comme l’a proposé récemment Jacques Toubon, notre « Défenseur des droits »).  L’idéologie de la détestation de la France, de son histoire et de son peuple - avec en toile de fond, la sacro-sainte figure post-moderne de la victime à qui l’on ne refuse jamais rien, pas même le ridicule - déploie ici toute sa tragique efficacité.

Ce pouvoir, disions-nous - ramassis de pleutres quelle que soit son incarnation, mais avec une mention spéciale pour le pouvoir macronien actuel avec des gens comme M. Castaner - avait déjà pris la République pour une plaisanterie au plus fort des attentats djihadistes. Nous étions, paraît-il, « en guerre ». Ces gens ont le verbe haut, notez-le : ils sont toujours en guerre. Vals l’était avec Hollande, Philippe l’a été avec Macron à l’occasion de la crise sanitaire. À croire qu’ils aiment beaucoup s’entendre le dire, à défaut de savoir la faire. Dans une « guerre » où un certain nombre de Français choisirent - en pleine conscience - de rejoindre le camp ennemi, en l'espèce l’Etat Islamique (Daech), la moindre des choses eût été pour eux la déchéance de nationalité ou même, la mise en place d’un tribunal militaire pour juger et sanctionner ces traitres (qu’on aimait bien appeler uniquement les djihadistes et jamais les traitres, comme s’il s’agissait seulement d’un engagement politique quand il n’était pas carrément question d’une maladie mentale qu’on aurait pu guérir par des programmes de « déradicalisation »). Mais comme la République, pour nos très respectables gouvernants, n’est rien d’autre qu’une blague, et avec elle le lien qui unit chaque citoyen avec sa patrie, rien n’advint en ce sens : il fallut se contenter d’une tiédeur qui alla jusqu’à embarrasser nos alliés du Moyen-Orient, ceux-ci se retrouvant avec des prisonniers Français sur les bras que la France ne souhaitait pas faire exécuter. C’eût été pourtant le plus commode, et je ne sache pas qu’une République digne de ce nom ait à pleurer sur le sort de ceux qui la trahissent sans vergogne. 

Avec le temps, quelque chose s’est donc brisé - c’est un euphémisme - de l’antique majesté républicaine. Il serait trop long de faire ici la généalogie des renoncements successifs par lesquels nous assistons, aujourd’hui, au piteux spectacle d’une République qui se laisse piétiner par des gens qui, bien souvent et par-dessus le marché, prétendent en être les innocentes victimes outragées. Mieux vaut plutôt rappeler ici, en écho au constat sans appel que nous avons dressé plus haut :

1. Que notre État républicain détient, par définition et sauf à légitimer la guerre de tous contre tous, le monopole de la violence légitime. 

Sa violence - car elle existe dès lors qu’elle est employée pour faire respecter la loi commune dans le respect des limites constitutionnelles (d’où l’expression « forces de l’ordre ») - est la seule qui puisse s’exercer légitimement : en ce sens, elle ne peut être mise en rapport avec les violences des groupuscules mafieux qui pullulent dans les territoires perdus de la République ou d’activistes gauchistes amateurs de la stratégie de la tension avec les institutions républicaines.

2. Qu’une République démocratique n’est pas un régime où chacun s’arrange avec la loi. Tout au contraire, c’est un régime où la loi mérite d’être davantage respectée que dans les régimes autocratiques dans la mesure où elle peut être librement discutée et modifiée par des moyens légaux et pacifiques. Bref, on ne fait pas ce qu’on veut et aucune « émotion prétendument légitime » ne justifie qu’on proteste sans conséquences en dehors de tout cadre légal.

3. Que l’Etat de droit est moins la liberté des minorités de tyranniser la majorité (à l’échelle d’un quartier ou d’une nation) que la capacité de l’Etat à garantir l’application de la loi démocratique sur l’ensemble du territoire et pour l’ensemble de la population. 

4. Que les ennemis de la République - ceux qui par leurs actes : terroristes en France ou djihadistes français à l’étranger, menacent son existence - n’ont pas droit à un traitement démocratique. Que, par extension si ces mêmes ennemis réussissaient, le reste de la population française serait fondée, par fidélité à la République, à prendre les armes au titre de la résistance à l’oppression, principe ultime de sauvegarde républicaine.

4. Qu’une République qui permet qu’on la violente et qui n’est pas capable d’assurer le respect des lois dont elle est l’origine, affaiblit gravement son nom au point d’encourager de futurs outrages et ainsi menacer la sécurité de tous.

5. Qu’une République, enfin, qui se montre impitoyable avec certains citoyens (les gilets jaunes) et outrageusement bienveillante avec d’autres (les sans-papiers, les activistes de tout poil...) proclame implicitement qu’elle ne gouverne pas pour le respect de la loi qu’elle édicte selon un processus légal et démocratique, mais par idéologie.

6. Qu’une telle République - si peu disposée à faire respecter ses principes et ses lois, forte avec les faibles et faible avec les forts - ouvre la voie à l’anarchie et à la guerre civile, et donc à un futur régime où la sécurité sera très certainement rétablie au prix des libertés fondamentales et de nombreuses vies humaines. On regrettera alors le temps béni des violences policières.

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