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Présidentielles 2022 : l’alternance populaire (le blog de Giordano Eturo et de Major Tom)

L’imposture de la lutte contre « le privilège blanc »

6 Juin 2020, 14:52pm

Publié par Giordano Eturo

C’est entendu, et c’est aussi regrettable que lamentable : notre pays s’est à ce point américanisé qu’il imite désormais les émeutes raciales d’outre-atlantique. Quarante ans de propagande hollywoodienne, de renoncements éducatifs et d’immigration de masse sont passées par là, et tout a changé : aussi bien la réalité sociale - désormais multiethnique et multiculturelle - que notre imaginaire politique - désormais travaillé par des conflits raciaux là où ne sévissaient que des conflits sociaux. Hier, des manifestations pour davantage de justice sociale ; aujourd’hui, des manifestations contre un Etat supposément raciste (notamment à travers sa police) et un prétendu « privilège blanc ». Bien-sûr, l’ancien monde n’a pas disparu : le récent mouvement des gilets jaunes en témoigne. Mais ce vocabulaire exclusivement racial, porté par la gauche dite décoloniale et les associations représentantes autoproclamées de minorités soi-disant opprimées, constitue une nouveauté avec laquelle il va falloir - hélas - s’habituer à vivre. Et cela appelle plusieurs remarques.

Première observation : contrairement à ce qu’ont prétendu les forces dites progressistes depuis les années 1970 (puisque gauche et droite se confondent dans cette affaire) l’immigration de masse et son corollaire - l’établissement d’une société multiethnique et multiculturelle - n’ont pas accouché d’une Babel joyeuse mais d’un Enfer politique. Notre société sort en effet de cette illusion amère plus fracturée et moins gouvernable que jamais. Parce que les nouveaux arrivants sont désormais suffisamment nombreux - et puisque notre nation n’a plus aucune colonne vertébrale ni aucune fierté de ce qu’elle est (se donne-t-elle au moins la peine, d’ailleurs, de faire envie ?) - non seulement beaucoup rechignent à s’intégrer à la culture française à laquelle ils préfèrent leur propre culture d’importation, mais ils cultivent chaque jour davantage un imaginaire de ressentiment raciste tourné vers l’homme blanc, désormais figure unificatrice des différents groupes culturels de l’Occident par-delà leurs nations respectives. La réalité, bien-sûr, est plus complexe : parmi ces nouveaux venus, il existe d’authentiques patriotes qui ont fait le choix de la France comme tant de gens avant eux. Ceux-là sont l’espoir de notre pays, quand les autres contribuent à sa décomposition prochaine et à son affaiblissement durable.

Deuxième observation : quelle que soit la réalité des violences policières - débat légitime et même important pour toute démocratie qui se respecte - le fait qu’elles servent de prétexte à la lutte contre un supposé « privilège blanc » dévoile le caractère exclusivement idéologique de cette mobilisation. Comme pour toute idéologie, on repeindra volontiers le monde aux couleurs de son combat et on occultera les faits au point de peindre un tableau d’ensemble totalement contraire à la réalité. Or cette réalité, quelle est-elle ? Un Etat raciste bras armé d’une société majoritairement blanche et elle-même indécrottablement raciste ? Pure façon de voir les choses, mais comme je l’ai dit, au mépris des faits. Puisqu’il est question de police, parlons-en : cette police est tellement violente et impitoyable qu’elle n’ose même pas assurer l’autorité de la Loi sur les « territoires perdus » (et assumés comme tels par le pouvoir) de la République. Les voyous y règnent en toute impunité, libres de mener leurs trafics et de tenir sous leur joug la population environnante. Cette police - qui n’est pas exempte de comportements racistes et qui compte, comme toute institution, ses brebis galeuses - dispose à peine du droit de se défendre lorsqu’elle est agressée, et ces agressions sont légion. Ces dernières ne ciblent d’ailleurs pas uniquement la police, mais aussi les pompiers, les professeurs ou encore les personnels soignants, bref tout ce qui s’apparente à un ordre national et républicain étranger aux régimes tribaux et féodaux qui se sont installés sur ces territoires avec l’assentiment des pouvoirs supposément « progressistes » (hier l’UMPS, aujourd’hui LREM). Bref, si violence policière il y a - et si cette violence est le véritable moteur de l’institution policière toute entière - on peine à la voir et la vérité oblige à dire que nombre de citoyens aimeraient la trouver moins dure lors des manifestations et plus offensive pour faire respecter la loi et garantir la sécurité de tout un chacun. C’est que le sujet des violences policières cache peut-être le véritable sujet : celui d’une République forte avec les faibles et faible avec les forts (ce qui définit le progressisme  en action).

Troisième observation : cette idéologie du ressentiment qui verse dans un racisme éhonté (en procédant par réductionnisme et assignation identitaire via la couleur de peau) ne se contente pas d’exagérer les violences et les discriminations au point d’en faire les signes d’un privilège banc structurel. Elle renverse complètement la réalité. Littéralement, elle ment, manipule et la subvertit. La France ne peut pas être raciste pour deux raisons : d’abord son Etat ne l’est pas, non plus que son ordre juridique. Mieux, la lutte contre toute forme de discrimination figure au sommet de son ordre juridique, à un point qui frise même l’obsession. Cet Etat soi-disant raciste cultive une mémoire pénitentielle et inculque à tout un peuple la honte de son passé. Ensuite, le peuple français n’est pas davantage raciste que son Etat : il ne l’est pas car, s’il l’était, il y aurait des signes autrement plus graves que des préjugés et des discriminations. Il y aurait des discours, des déclarations d’hostilité, des appels à la haine, des agressions voire des lynchages. Or, rien de tout cela. Mieux : agressé à plusieurs reprises par des fanatiques musulmans (et ce fut autre chose que des discriminations, puisqu’on parle ici de meurtres de masse), il n’a réagi qu’avec des marches pacifiques et du recueillement. On n’a pas vu des attaques de mosquées ou des émeutes anti-musulmanes, mais des nounours et des bougies et une condamnation largement majoritaire de tout « amalgame » entre « Islam » et immigration arabe. Amalgame que pratiquent en revanche allègrement les thuriféraires de l’anti-racisme militant en mettant tous les Blancs dans le même sac. On a vu, par contre, une jeune fille appelée Mila contrainte de quitter son école pour menaces de mort, parce qu’elle avait insulté un dieu - en l’occurrence celui des Musulmans (là encore, avec un accommodement tacite des progressistes). Cette violence là existe - et certains cherchent même à la légaliser en imposant la lutte contre l’islamophobie (concept obscurantiste) à notre ordonnancement juridique.

Et maintenant, la conclusion : il y a bien, en France, des errements coupables dans la police et la justice, mais il n’y a pas de racisme d’Etat. Il y a bien des discriminations mais n’y a pas de régime ségrégationniste et encore moins raciste. Ces discriminations existent partout dans le monde, dès lors qu’il y a une majorité et des minorités. Cela vaut pour toutes les cultures : dans les quartiers dominés par des Français issus de l’immigration, les Français de veille souche les subissent aussi. En démocratie, et c’est la force de ce régime, elles restent pourtant surmontables. Il faut, pour cela, arrêter de se proclamer victime et aller de l’avant. Car tout est là, au fond : si le ressentiment triomphe, c’est parce que la figure préférée de notre époque est la victime. Le propre de cette dernière étant de ne jamais se remettre en question, de voir le monde en noir et blanc en distinguant d’un côté les bons et de l’autre les méchants. Appliquée à l’imaginaire racial, cette grille de lecture victimaire débouche sur cette conclusion aussi débile que funeste pour notre beau pays : des minorités colorées et opprimées qui feraient face à des Blancs déplorablement et structurellement racistes. On ne saurait trop conseiller à ces pleureuses de quitter ces boulevards qui ne feront que nous diviser. Au vrai, le patriotisme français est largement inclusif, en témoigne l’adaptation remarquable dont ont fait preuve les Français face à une immigration de masse qui leur a été imposée. Derrière leur masque de victimes intouchables, les vrais racistes sont bien ces idéologues de l’oppression raciale qui battent le pavé d’un Occident moribond. La faiblesse de ce dernier laissant le terrain libre à toutes les haines qui le prennent pour cible.

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